|
Je donnais récemment une conférence
sur l’anxiété des jeunes dans le cadre du «
Volet Jeunesse » de l’organisation Phobie-Zéro.
À la fin de la soirée, un petit garçon a finalement
amené sa mère à poser la dernière question
de l’auditoire. Elle m’a demandé ce que pouvait
faire son fils pour avoir plus d’amis à l’école
secondaire. Très petit pour son âge, il est gêné
et se sent intimidé par ses camarades de cours.
J’ai demandé au garçon son nom et ce qui l’intimidait
tant. Il m’a dit qu’à cause de sa taille, il
avait peur de ses camarades beaucoup plus grands. J’ai trouvé
ce témoignage très touchant : voilà un jeune
garçon qui semble normal à tous égards, sauf
le fait d’avoir l’air beaucoup plus jeune que son âge.
Je lui ai alors parlé de deux personnes. La première
est mon épouse, née avec des doigts manquants. L’autre
est un ami du secondaire, qui souffrait d’une difformité
au visage. Chacune de ces personnes avait été amenée
à se sentir différente des autres mais était
finalement devenue un adulte tout à fait normal et bien adapté.
Les enfants d’âge scolaire réagissent de trois
façons face à des camarades aux différences
visibles. Certains vont les agacer et les ridiculiser, d’autres
qui vont se sentir mal à l’aise et garder leurs distances,
tandis que les autres vont les traiter tout à fait normalement.
Ce que ma femme et mon ami ont réussi à faire, c’est
de passer outre à quelques ignorants pour laisser des amitiés
se développer naturellement avec leurs camarades plus tolérants.
Les gens qui n’arrivent jamais à surmonter leurs différences
sont ceux qui s’attendent à être acceptés
par les moins ouverts de leurs camarades de classe. Ces jeunes laissent
les personnes intolérantes décider à l’avance
de leur bonheur.
Ce soir-là, j’ai dit à ce garçon qu’il
n’avait rien à perdre en prenant sa place socialement
et en se mêlant aux jeunes de plus grande taille. Ceux qui
l’acceptent comme il est deviendront ses amis, tandis que
les autres qui l’agacent ou le traitent différemment
font simplement la preuve qu’ils ne sont pas le genre d’amis
qu’il rêve d’avoir.
Affronte l’adversité, mon ami, et tu trouveras ta
place.
|