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Les rencontres du groupe de soutien Phobies-Zéro
jeunesse visent d’abord à briser l’isolement
et l’incompréhension, le côté insidieux
des problèmes d’anxiété.
« J’ai fait ma première crise de panique vers
l’âge de 10 ans, c’était dans une église
», relate Charles, souffrant d’anxiété.
Un endroit vaste, dont on ne peut facilement s’échapper
et où il y a beaucoup de décorum sont les ingrédients
qui ont fait découvrir à Charles son problème.
« Quand j’avais à lire en public et à
faire des exposés oraux, c’est là que ça
se passait », explique-t-il. Souffle court, mains moites,
dépersonnalisation, voilà ce que vit Charles lors
d’un épisode de panique.
« Je savais que ce n’était pas logique d’être
angoissé, mais quand je me retrouvais dans cette situation,
j’avais peur pareil, confie Charles. Pour un jeune, c’est
très handicapant. À l’adolescence, c’est
important de s’affirmer et on ne peut pas le faire. »
Pour les aider, Phobies-Zéro jeunesse crée un groupe
de soutien dès le 6 septembre à Québec. Les
rencontres visent d’abord à briser l’isolement
et l’incompréhension, le côté insidieux
des problèmes d’anxiété. « Ça
se vit pas mal intimement », livre Charles. D’où
la difficulté pour les parents d’identifier le mal.
Faible sensibilisation
Maintenant dans la cinquantaine, Charles compare sa situation à
celle des jeunes d’aujourd’hui. « La compréhension
n’était pas là. Même si aujourd’hui
c’est plus connu, les enseignants sont plus au courant de
ça, il y a encore beaucoup à faire. On vit intérieurement
avec la honte. La preuve, même à mon âge, je
ne veux pas être identifié », note-t-il.
« Après avoir fait une crise de panique, c’est
une situation qu’on ne veut plus revivre. On a peur que ça
se reproduise et ensuite on a peur d’avoir peur. Quand je
savais que j’allais avoir un exposé oral dans un mois,
je stressais tout de suite. Plus la date de l’exposé
approchait, plus j’angoissais. Je faisais de l’anticipation
négative, j’avais la gorge serrée juste à
y penser », se souvient Charles.
Des adolescents vont décrocher, d’autres resteront
à l’école, mais s’assoiront près
de la porte de la classe. « Ils vont sortir pendant les cours
s’ils n’en peuvent plus », raconte-t-il.
Après son secondaire, Charles a poursuivi ses études
jusqu’à la maîtrise. « J’ai été
chanceux, car j’étais dans un milieu familial très
valorisant », souligne le diplômé.
Mais comment faire son chemin à l’école sans
prendre la parole devant la classe ? « J’ai été
chanceux, lance-t-il encore en riant. Tout le long de mon secondaire,
j’évitais les présentations, je préférais
faire des travaux longs plutôt que de m’exprimer en
public. Une fois, j’ai fait la recherche pour un travail au
complet pour ne pas avoir à le présenter. Mon compagnon
m’a dit : «Tu l’as fait, c’est ton travail
à toi. Je vais le dactylographier et tu le présenteras.»
J’ai pris la journée à dactylographier le travail
pour me sauver de la présentation de cinq minutes ! C’était
une situation trop menaçante. »
« Ça m’empêchait de faire des choses en
groupe. J’avais de la misère à me présenter
devant un groupe », laisse tomber Charles. Au fur et à
mesure des rencontres de Phobies-Zéro, Charles a effectué
d’énormes progrès : il est animateur d’un
groupe de soutien !
« Il faut d’abord comprendre ce qu’on a. Ensuite,
il faut dédramatiser la situation. On doit passer par une
période de désensibilisation où on se place
dans la situation problématique en demeurant en contrôle.
Enfin, il faut pratiquer, pratiquer et pratiquer », conclut-il.
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