| Un de
vos proches souffre-t-il de peurs irrationnelles, de problèmes
d'anxiété ou de panique? Vous paraît-il parfois
difficile de le soutenir et de lui apporter un soutien efficace?
Vous demandez-vous comment faire pour l'aider du mieux possible
sans toutefois vous oublier ni vous épuiser?
Paradoxalement, un premier bon pas dans cette
direction consiste à revenir à vous. À être
attentif à ce que la situation vous fait vivre et à
prendre soin de ce qui se passe pour vous dans votre relation à
cette personne chère. À reconnaître et à
accueillir les émotions moins agréables que les pensées,
les réactions et les comportements de cette personne peuvent
susciter en vous. Car ce n'est pas toujours facile d'observer une
personne importante se perdre dans des scénarios imaginaires,
du sabotage, des moments de panique; s'enliser dans l'isolement;
répéter sans cesse les mêmes fonctionnements
insatisfaisants (rituels, fuite, évitement, par exemple).
Si, comme aidant naturel, je ne prends pas le
temps de reconnaître et d'accueillir les émotions souffrantes
et les peurs qui m'habitent dans la relation - sentiments d'impuissance,
d'impatience, de culpabi-lité, peur de ne pas être
aidant, peur de perdre l'autre, peur du ridicule, etc - , je risque
alors inconsciemment de recourir à des mécanismes
qui ne seront pas aidants pour l'autre, mais qui me donneront temporairement
l'illusion de "faire quelque chose" pour lui : minimiser
ce qu'il vit, banaliser ou juger ses peurs ou ses comportements,
comparer, donner des conseils, prendre en charge, surprotéger
ou ne rien dire et refouler, par exemple. Autant de réflexes
qui en réalité m'évitent de ressentir et de
vivre mes propres émotions désagréables.
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La personne anxieuse a besoin de
se sentir aimée, valorisée, respectée et sécurisée
dans une relation affective dégagée. Elle a besoin
d'être écoutée sans être jugée,
elle a besoin qu'on lui fasse confiance en dépit des obstacles
qui la bloquent momentanément, elle a besoin de pouvoir exprimer
ses peurs et ses émotions souffrantes sans provoquer le désarroi
de la personne qui l'écoute, elle a aussi besoin que l'on
respecte son rythme…En somme, elle a besoin de l'accueil et
de l'amour de la personne qui l'aide.
C'est pourquoi il est si important pour la personne qui aide et
qui agit dans l'ombre, souvent sans obtenir de reconnaissance, qu'à
son tour elle puisse recevoir de l'accueil, de l'écoute et
de l'attention. Avec de l'aide, elle sera en mesure de prendre conscience
de ses propres émotions souffrantes et pourra mieux se libérer
de ses inquiétudes, de ses malaises, de sa fatigue, de ses
peurs et mieux se protéger d'un surinvestissement. Il lui
sera ensuite plus facile d'accueillir l'autre dans un climat d'ouverture,
d'acceptation, de confiance et de lâcher prise.
- Claire Pelletier TRA
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