| Raconter ma
descente aux enfers et ma remontée au paradis en quelques
lignes est impossible puisque le tout s'est déroulé
sur une longue période. Je ne voudrais pas vous laisser croire
que tout s'est fait " magiquement "... Par contre, je
laisse mon coeur diriger ma plume qui, j'espère, éclairera,
encouragera et apaisera certains et certaines d'entre vous.
D'abord, le diagnostic (il y a de ça plusieurs années):
" crises de panique ". CHOC ! Moi, une personne sereine,
pleine de vie, intelligente, énergique et sociable, je me
croyais à l'abri. Et pourtant... Solutions? Médicaments
et psychanalyse. Comment aurais-je pu vivre et me battre sereinement
alors que la quinzaine de pilules magiques me rendaient confuse,
sans émotions. Ne plus rire, pleurer, admirer, sauter de
joie, me faisaient sentir comme un robot. La descente aux enfers
avait débuté...
Mes crises augmentaient et s'amplifiaient : palpitations, tremblements,
sueurs froides, vue embrouillée, fortes nausées, la
tête pesant mille livres, problèmes digestifs, vertiges,
etc. Tout ceci faisait partie de mon quotidien. Inutile de vous
dire que j'ai passé une batterie de tests, mais rien... La
médecine a diagnostiqué: " agoraphobie sévère
et isolement total " . C'est tout ce qu'elle pouvait faire
pour moi! Rien n'existait pour tenter de vaincre ce démon
intérieur...
Comment pouvais-je me battre, m'expliquer, alors que je ne comprenais
pas ce qui se passait dans mon corps et dans mon esprit? Je le ressentais
mais j'étais impuissante. Et que dire des gens autour de
moi? Ils ne savaient quoi dire, quoi faire et ont même été
jusqu'à s'effacer de ma vie, car ils se sentaient démunis...
Je remercie le ciel que mon conjoint et ma famille soient restés
présents : aimants! Sans cet amour, je n'aurais pu tenir
le coup! Quant aux amis et confrères de travail qui se demandaient
ce qui se passait, qui étaient indifférents à
comprendre, ils m'ont créé les pires douleurs sans
le savoir : préjugés, critiques, abandon et solitude...
Il ne me restait que la prière, l'amour de ma famille et
les pilules magiques... Je ne vivais plus. Je survivais. |
C'est en avril 1995 que j'ai entendu parler du groupe
d'entraide Phobies-Zéro par l'intermédiaire de la télé.
La semaine suivante, je me suis jointe à ce groupe. Quel beau
cadeau! Je voyais de belles personnes, avec une sensibilité
remarquable. Enfin, je n'étais pas folle et je n'étais
plus seule! Bien sûr, je devais travailler sur moi, mais je
venais de franchir les premiers pas : briser le mur du silence, reconnaître,
connaître et comprendre ma problématique, ce qui se passait
dans mon corps et mes émotions.
À partir de ce moment, ma remontée a commencé!
J'ai débuté par le questionnement : " Je fais
quoi avec ça? ", " Je fais quoi des autres? ".
Je franchissais la première étape d'un voyage intérieur.
Par la suite, j'ai appris à écouter ce que j'entretenais.
Je me suis mise à me parler pour recadrer les visions négatives
en moi, à dédramatiser ce qui arrivait. Je me suis
découverte graduellement en connaissant mes forces, mes faiblesses
et mes limites et ce, tout en restant dans l'action. J'affrontais
petit à petit mes peurs. Je m'efforçais toujours de
m'encourager en regardant mes petites victoires et mes échecs.
Je me disais sans cesse : " Le seul échec est de ne
rien essayer. " Et dans mes périodes plus sombres, je
me répétais : " Ginette, le temps est ton meilleur
ami et le plus beau jour est aujourd'hui " .
Maintenant, je peux vous dire que la plus grande erreur aurait
été d'abandonner et que la plus belle connaissance
dans tout ça c'est " soi-même "...
Personne n'est à l'abri de ces maladies, mais tout le monde
a une force enfouie dans le fond de son être : croyez-en mon
vécu!
Et même si je suis guérie à 60 %, je continue,
car aujourd'hui je vis pour m'en sortir et non plus pour me battre
contre le vent...
Ginette (Louiseville)
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