Trouble panique

L'hyperventilation et l'interprétation
catastrophique des symptômes.

L'accélération du rythme respiratoire, les bâillements et les inspirations forcées sont des symptômes fréquemment observés au cours des attaques de panique ; les sensations d'étouffement et d'oppression thoracique peuvent dans certains cas évoquer une urgence respiratoire.

L'hyperventilation peut également être responsable d'un certain nombre de symptômes des crises : sensations de chaleur et de froid, fourmillements, impression de tête vide, contractions musculaires, douleurs thoraciques... Ces manifestations renforcent l'anxiété des personnes et entraînent d'autres symptômes qui ne font qu'aggraver l'intensité de la crise. Ce mécanisme de renforcement négatif, véritable "cercle vicieux psychologique" lié à l'interprétation catastrophique que la personne fait de ses symptômes, peut être contrôlé par des techniques spécifiques de plus en plus utilisées dans le traitement du trouble panique. Cependant, de nombreuses recherches démontrent que l'hyperventilation ne saurait être considérée comme la cause principale des attaques de panique, mais qu'elle en est néanmoins l'un des mécanismes possibles.

Les modifications de la perception
et l'implication du cerveau.

Dans environ 50 % des cas, les attaques de panique sont accompagnées de modifications perceptuelles diverses : sensations d'instabilité, d'irréalité de soi-même ou du monde extérieur, sensations de vertige, troubles visuels, modifications de l'intensité lumineuse, intolérance au bruit... Ces difficultés d'intégration sensorielle relativement subites peuvent expliquer les difficultés de concentration et les modifications du cours de la pensée souvent rapportées par les personnes durant les attaques de panique.

Les manifestations comportementales
et l'agoraphobie.

Bien que rarement spectaculaires au point de se faire remarquer par son entourage, les manifestations comportementales sont le plus souvent présentes durant les attaques de panique. Dès les premiers symptômes, la personne va souvent interrompre son activité, arrêter sa voiture si elle conduit ou trouver un prétexte pour quitter les lieux où elle se trouve.

Parfois, l'intensité de son anxiété l'amènera à réclamer de l'aide, à consulter son médecin ou un service d'urgence. Dans la majorité des cas, le réconfort résultant de ce contact suffit à atténuer considérablement les symptômes de la crise. Plus rarement, un comportement d'automédication cherchera à mettre fin à l'attaque de panique : des conduites d'alcoolisation ou la prise de doses importantes de sédatifs ont parfois comme seul but d'assurer un soulagement qui met fin aux symptômes. Avec la répétition des crises, l'appréhension des personnes peut se localiser sur certaines situations spécifiques qui seront alors évitées ou endurées avec une anxiété marquée. On parle alors d'agoraphobie, un tableau clinique caractéristique qui avait déjà été décrit en Europe au siècle dernier par Westphal et Legrand du Saulle. Ce tableau associe de façon variable la peur des grands espaces, de la foule, des transports en commun, de la conduite automobile, des magasins, des files d'attente... Peurs habituellement aggravées par la solitude et parfois source d'un handicap socioprofessionnel majeur.

La nécessité d'une prise en charge précoce.
Alors que la prise en charge du trouble panique et de l'agoraphobie est susceptible d'entraîner dans environ 2 cas sur 3 une évolution favorable, nombre de personnes ne bénéficient que tardivement d'un traitement spécifique. Ce retard est parfois lié au fait que les symptômes du trouble panique ne sont pas reconnus lors des évaluations initiales, mais aussi à la peur ou à la honte de certaines personnes face à leurs symptômes. Grâce à une connaissance de plus en plus précise des facteurs physiques et psychologiques à l'origine des attaques de panique et du trouble panique, leur évolution vers un état chronique ou des complications sévères est cependant le plus souvent évitable.

Référence: Walter, J. RE. Norton, R., Ross, C.A. (eds) Panic disorder and agoraphobia, A comprehensive guide for the practitioner, Pacific Grove CA, Brooks, 1991

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