Mythes et réalités

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Qu’est-ce qu’un mythe? Le mythe repose très souvent sur une histoire imaginaire, fictive et dénuée de faits vérifiables. Le mythe peut se rapporter à des croyances erronées lesquelles se veulent une explication d’une pratique culturelle, sociale ou religieuse. Le mythe est partagé par un groupe, une nation etc.

Qu’est-ce que la réalité? C’est le caractère de ce qui est réel, vérifiable. Il n’y a pas de place pour l’imaginaire, les légendes ou les contes. Tout repose sur l’expérience et observation.


Questions posées par Carole Lussier

Réponses de Léonie Lemire-Théberge PhD. et Camillo Zacchia PhD


1. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux sont moins intelligentes que les autres.

Non! Pas du tout. Il n’y a aucun lien entre intelligence et les troubles anxieux.

2. Est-il vrai de croire que si dans ma famille il y a des personnes atteintes de troubles d’anxiété que j’aurai des chances de l’être aussi?

Ce n’est pas une certitude. Toutefois, il y a un premier facteur de risque associé avec la génétique et un deuxième facteur de risque reliés avec une exposition à une mauvaise gestion de l’anxiété de la part des membres de la famille. Il y a donc plus de probabilité que j’aie des problèmes d’anxiété si des membres de ma famille en souffre.

3. C’est une maladie reliée à l’environnement

En partie oui. La présence d’un trouble anxieux est influencée par la génétique, le tempérament des individus de même que ses expériences. Nous apprenons ce qui est dangereux ou menaçant en observant nos parents, nos amis, des films, les nouvelles, les histoires, nos expériences de vie, etc... L’exposition à cela et la façon dont les gens réagissent aux situations anxiogènes nous influence. Encore une fois, si nos modèles gèrent mal les situations anxiogènes, il y a de forte chance que nous éprouvions des difficultés à bien gérer ce type de situation. De plus, des parents très protecteurs qui empêchent de nous vivions des situations anxiogènes et ainsi développons nos habiletés à y faire face peuvent avoir une influence nocive.

C’est extrêmement rare qu’un évènement seul provoquera l’apparition d’un trouble (malgré que ce soit possible). Normalement quand nous sommes inconfortables, nous évitons ces circonstances, ce qui a comme conséquence que nous ne sommes pas exposé à la réalité mais bien à nos appréhensions de celle-ci qui nous confirment que nous devons éviter les situations où nous avons peur. En faisant ça, nous nous envoyons un message à notre cerveau que les situations sont réellement dangereuses et celles-ci deviennent de plus en plus envahissante et se généralise. L’exposition à nos peurs est une forme de test de la réalité. Ex. : si j’ai peur de prendre le métro et que j’évite de le prendre, je demeure convaincu que le métro est dangereux, si j’apprends à le prendre graduellement, je gère mon anxiété et je constate que le métro n’est pas dangereux.

4. Les femmes sont plus sujet à être anxieuses

Pour la plupart des troubles anxieux, oui, les femmes ont plus de probabilité d’en souffrir. Par contre il n’y à pas de différences entre hommes et femmes pour l’anxiété sociale et le trouble obsessif-compulsif. Il y a autres différences subtiles. Par exemple, les femmes ont plus de risque de développer les tendances agoraphobe et les hommes ont plus de risque de s’auto-médicamenter avec de l’alcool.

5. Les personnes souffrant d’anxiété le sont car c’est de naissance

À notre avis, il y a toujours une interaction individu-environnement. Donc, l’individu nait avec des prédispositions génétiques et un tempérament qui seront influencés positivement ou négativement par l’environnement dans lequel il évoluera.

6. Si je souffre de troubles anxieux dans ma jeunesse cela me suivra toute ma vie.

Il est difficile de répondre à cette question en une généralité. Un trouble anxieux part rarement seul. Toutefois, pour la grande majorité des jeunes, s’ils consultent et apprennent une bonne gestion de l’anxiété, celle-ci ne sera pas envahissante à l’âge adulte. Certains, qui ont un tempérament anxieux, vont demeurer plus sensible sans que ce soit problématique d’autres ne seront plus anxieux du tout. Par contre, l’anxiété peut demeurer un enjeu important pour certains jeunes, surtout s’ils n’obtiennent aucune forme d’aide. Il est à noter que les jeunes qui souffrent d’anxiété répondent généralement très bien au traitement.

7. Les drogues et/ou alcool sont les déclencheurs de l’anxiété?

La relation entre la drogue, l’alcool et l’anxiété est très complexe. L’alcool ne causera généralement pas ces troubles (mais pourrais nous donner plein d’autres difficultés!) toutefois l’alcool est souvent utilisé pour gérer les peurs – particulièrement pour l’anxiété sociale. Ainsi nous pouvons développer des problèmes des consommation secondaire aux troubles anxieux.

Pour le cannabis les effets sont mitigés, il y a beaucoup de gens qui rapportent qu’ils le trouvent aidant (entre autres pour dormir) et beaucoup d’autres ont eu leur première attaque de panic suite à la consommation de cette drogue! La réalité est que les réponses individuelles sont très variables. Jusqu’à présent, la recherche à date ne démontre pas des bénéfices d’une façon générale et pourrais augmenter le risque d’autres maladies mentales.

Évidemment, tant pour l’alcool que pour le cannabis, il est recommandé de traiter le problème à la source avec des méthodes qui ont moins d’effets secondaires que l’alcool et la drogue.

8. Est-ce une maladie chronique?

Les troubles anxieux sont parmi les problèmes de santé mentales les plus traitables. Ils répondent très favorablement aux traitements psychologiques de type cognitive-comportementale (TCC), aux médicaments de type antidépresseurs, ou une combinaison de ces deux traitements. Ils pourront aussi bénéficier des traitements alternatifs comme la méditation de type Pleine Conscience.

Durant nos vies, l’anxiété varie avec nos expériences. Quand nous comprenons pourquoi l’anxiété augmente ou diminue, nous pouvons appliquer des bonnes pratiques qui diminueront notre anxiété. Ceci est aidant pour apprendre à se faire confiance, confronter nos peurs et atteindre un meilleur fonctionnement.

9. Vais-je devoir prendre des médicaments et si oui, toute ma vie?

Les médicaments de type antidépresseurs sont très aidant pour beaucoup de personnes souffrant de troubles anxieux. Par contre, ce n’est pas nécessaire pour tout le monde. En général, pour les troubles légers à modéré, les traitements psychologiques sont recommandés. (Parfois les groupes d’entraide comme Phobies-Zéros ou les ateliers d’auto-gestion peuvent être très aidant). Si ce n’est pas suffisant, les médicaments peuvent être prescrit par un médecin. Pour les cas plus sévères (par exemple vous n’êtes pas capable de travailler ou de continuer vos études, ou si vous souffrez d’une façon importante), une combinaison de traitement psychologique ET pharmacologique est recommandée.

Les médicaments ne sont généralement pas prescrits pour la vie. En général, les médicaments aident les personnes avec un trouble anxieux à être dans un état où ils peuvent apprendre à faire face à leurs peurs et augmenter leur confiance en leur capacité. Après un certain temps, la réduction graduelle des médicaments ne devrait pas engendrer une rechute. Ceci dit, pour d’autres personnes cette prise de médicament sera prolongée et réduite à une dose minime pour un fonctionnement optimal. Et pour un petit pourcentage d’individus une prescription de médicaments à long terme sera préférable pour maintenir un bon fonctionnement. Il ne semble pas y avoir de contre-indication à ce dernier traitement sur le plan médical.

10. Les personnes scolarisées sont-elles plus sujet à des troubles anxieux?

Il n’y a pas de liens entre le niveau de scolarité et les troubles anxieux.

11. Les personnes ayant des troubles d’anxiété sont des personnes de mauvaise volonté?

La chose le plus naturel dans la vie c’est de fuir nos peurs. En effet, c’est notre mécanisme de survie! De fuir ou d’éviter quelque chose n’est pas un signe de paresse, de mauvaise volonté, ou de manque de motivation. C’est simplement ce que nous faisons tous quand nous sommes face à nos peurs. Malheureusement, quand nous avons des peurs trop élevées il faut faire quelque chose de non-naturel et y faire face! En effet, les personnes anxieuses sont très motivées à s’en sortir. Elles sont rarement de mauvaises volontés. Par contre, il faut tenir compte que leurs peurs peuvent être envahissantes et paralysantes. Dans ce cas, ce n’est pas une question de ne pas vouloir, mais bien de ne pas pouvoir. Il est donc important que les étapes de traitement soient très graduelles.